CalcMenu
Blog
CalcMenu11 juillet 2026 · 6 min

Le baklava n'est ni grec ni turc. Et le « régime méditerranéen » n'est pas une idée méditerranéenne.

L'essentiel de ce que les cuisines grecque et turque se disputent est ottoman, pas propre à l'une ou l'autre nation. Et « le régime méditerranéen » — traité comme une sagesse ancestrale — a en réalité été inventé par un physiologiste américain dans les années 1950. Deux mythes sur la même région, tous deux erronés dans le même sens.

Illustration d'une pâtisserie baklava et d'une branche d'olivier côte à côte

À qui appartient le baklava ? À personne, en réalité.

Demandez à un restaurant grec et à un restaurant turc qui a inventé le baklava, et vous obtiendrez deux réponses assurées et opposées. Toutes deux passent à côté de l’histoire réelle : le baklava trouve probablement son origine dans une technique assyrienne, a été affiné en une pâte fine et feuilletée de phyllo par des boulangers grecs (phyllo signifie littéralement « feuille » en grec), et a reçu ses désormais emblématiques pistaches, cardamome et cannelle sous les Ottomans. Ce sont trois cultures distinctes qui ont chacune contribué une part essentielle et séparée du plat qui existe aujourd’hui — et non l’invention d’une nation copiée par une autre.

Le dolma (feuilles de vigne farcies) suit exactement le même schéma. Il en va de même pour une grande partie de ce qui est aujourd’hui commercialisé comme cuisine distinctement « grecque » ou « turque ».

La raison est simple : c’était le même empire

L’Empire ottoman a directement gouverné la Grèce, les Balkans et le Levant pendant des siècles. Les cuisines grecque, turque, albanaise, bulgare, serbe, bosniaque et libanaise/levantine descendent toutes de cette même culture culinaire impériale partagée — pas les unes des autres, et pas indépendamment. Les disputes modernes sur « à qui appartient vraiment ce plat », qu’il s’agisse du baklava, du houmous, du dolma ou de la moussaka, ne sont pas tant des débats historiques que la construction d’identités nationalistes post-ottomanes : des nations nouvellement indépendantes, aux XIXe et XXe siècles, avaient besoin d’identités nationales distinctes, et la nourriture était l’une des choses les plus faciles à s’approprier exclusivement — même quand l’histoire réelle était celle d’une cuisine impériale partagée, et non de cuisines nationales rivales.

« Le régime méditerranéen » a le même problème, mais dans le sens opposé

Voici le rebondissement : pendant que les nations s’occupaient à revendiquer des plats individuels comme exclusivement les leurs, c’est le modèle alimentaire de toute la région qui se faisait rebaptiser depuis l’extérieur, en un concept unifié unique que personne sur place n’avait jamais nommé lui-même.

« Le régime méditerranéen » n’est pas une tradition régionale ancienne, auto-revendiquée. C’est une invention américaine du milieu du XXe siècle. Le physiologiste Ancel Keys a mené l’étude des sept pays — Grèce, Italie, ex-Yougoslavie, Finlande, Pays-Bas, États-Unis et Japon — à partir de la fin des années 1950, mesurant le cholestérol et les maladies cardiovasculaires dans des populations aux régimes alimentaires très différents. Sa conclusion, et le cadrage qui s’est imposé, était que le régime riche en huile d’olive, en pain et en légumes, courant sur les côtes grecque et italienne, protégeait de façon unique le cœur. Ce cadrage — « le régime méditerranéen », au singulier, marqué, commercialisable — est le raccommodage de Keys sur des habitudes alimentaires régionales préexistantes. Personne en Crète ou dans les Pouilles n’appelait sa propre cuisine quotidienne « le régime méditerranéen » avant qu’un scientifique américain en nutrition ne la baptise ainsi.

La même région, tirée dans deux directions opposées par le même réflexe

En mettant les deux histoires côte à côte, un schéma mérite d’être relevé : des nations du même littoral ont passé un siècle à fragmenter une cuisine partagée en revendications nationales concurrentes (les disputes autour du baklava), tandis qu’un observateur extérieur fusionnait simultanément les habitudes alimentaires de toute la région en un seul concept marqué (le régime méditerranéen). Les deux mouvements ont transformé la façon dont on parle aujourd’hui de la nourriture de cette région — et aucun des deux ne reflète la façon dont cette nourriture s’est réellement développée, qui était plus désordonnée, plus partagée et moins nettement nationale que ne le suggèrent la version nationaliste ou la version marketing.

Pourquoi cela compte si votre propre carte fait une revendication d’authenticité

Si une carte décrit un plat comme « authentiquement grec » ou « traditionnellement turc », c’est une affirmation factuelle précise faite à un client — et pour une part réellement large des plats les plus célèbres de Méditerranée orientale, cette affirmation ne survit pas à une véritable vérification historique. Cela ne signifie pas que le plat mérite moins d’être servi. Cela signifie que l’histoire d’origine qui lui est attachée mérite d’être vérifiée, la même discipline que cette série entière a appliquée au babà, à l’escalope viennoise et à la légende de la pizza Margherita.

Comment CalcMenu garde les faits de votre carte aussi solides que la nourriture dans l’assiette

Quelle que soit l’histoire que raconte votre carte sur l’origine, la région ou la tradition d’un plat, les chiffres qui la sous-tendent doivent être tout aussi solides — ni hérités, ni supposés, réellement vérifiés.

  • Une documentation de recette qui reflète ce qui est réellement servi — et non une légende héritée que personne n’a vérifiée.
  • Des recettes cohérentes sur chaque site, quelle que soit l’histoire régionale ou nationale sous laquelle un plat est commercialisé.
  • Des données réelles de coût et de marge, indépendantes de toute revendication d’authenticité figurant dans le texte de la carte.

CalcMenu ne peut pas trancher qui a vraiment inventé le baklava. Il peut en revanche garantir que tout ce qui est réellement vérifiable sur le plat — coût, constance, marge — est aussi précis que l’histoire que vous voudriez pouvoir raconter.

Pour aller plus loin


Vous voulez que les chiffres de votre carte soient aussi fiables qu’une bonne histoire devrait l’être ? Réservez un appel gratuit de 15 minutes avec notre équipe — sans engagement : Réserver un appel.

Sources

Découvrez le logiciel de gestion des recettes CalcMenu pour restaurants, hôtels et traiteurs et voyez comment il s'applique à votre cuisine.

Secteurs concernés

Commentaires

Les commentaires arrivent bientôt.